Olivier Luisetti a vu le networking basculer du téléphone et des salons… aux réseaux sociaux. Directeur des relations institutionnelles au début des années 2000, il raconte comment il “mutualisait” déjà ses contacts, pourquoi il distingue réseau et cercles d’affaires, et ce que l’arrivée de Viadeo puis du digital a vraiment changé. Avec une conviction : le numérique n’a de valeur que s’il ramène à l’humain.
« Je suis né réseau. » Dès 2000, Olivier Luisetti vit du relationnel : dans la logistique internationale puis comme directeur des relations institutionnelles, il comprend que sans liens fiables, rien n’avance. Pour lui, un réseau n’est pas un club : c’est informel, sans hiérarchie, où “la monnaie, c’est l’échange”. L’arrivée de Viadeo, dès 2004, fait basculer sa pratique : fini le fichier Excel ingérable, place à une cartographie vivante des contacts et des centres d’intérêt. Le smartphone accélère, mais ne remplace pas le réel : “se regarder dans les yeux” reste irremplaçable. Aujourd’hui, il voit l’IA comme un outil de synthèse et de ciblage… à condition de garder la bonne posture : donner d’abord, et rester humain.
Comment rencontriez-vous vos contacts professionnels dans les années 2000 ?
Avant les réseaux sociaux, j’étais dans la logistique internationale : une chaîne entre acheteurs européens et fournisseurs partout dans le monde. Il fallait identifier les bons fournisseurs, les bons intermédiaires, les gens fiables, et trier les “bons contacts” des mauvais. Le réseau était donc très “terrain” : si quelqu’un est fiable, il te donnera des gens fiables. Et plus tard, les réseaux sociaux m’ont permis de faire la même chose en plus rapide, en “triangulation” : je pouvais demander à des contacts communs ce qu’ils pensaient d’une personne, là où, avant, ça pouvait prendre des mois.
Comment avez-vous vécu l’arrivée des premiers réseaux sociaux professionnels (LinkedIn, Viadeo) ?
Viadeo a été une claque. Je l’ai vu arriver (Viaduc au début), je l’ai observé un an, et en juillet 2004, je me suis lancé : j’ai mis tous mes contacts dedans et j’ai trouvé ça génial comme CRM. J’avais déjà ma vision “réseau = centres d’intérêt”, donc j’ai créé 160 groupes et j’ai classé les gens par thématiques (net international, net communication, net artistique, etc.).
Ma déception, c’est que l’outil était ultra communautaire, mais que, selon moi, les fondateurs n’étaient pas dans cet esprit : trop dirigistes, pas assez “partage”.
Comment voyez-vous évoluer le networking dans les dix prochaines années ?
…
Nous préparons un projet colossal : le tour de France des têtes de réseaux et des collectifs dans plus de 200 tiers lieux, une aventure de compagnonage de réseau qui nous mènera dans plus de 100 communes françaises à partir de mai 2026 pour une restitution en octobre 2026 sous la forme d'un "Who's Who des créateurs et têtes de réseaux".
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