Isabelle Sthemer incarne une génération de professionnelles qui ont connu et pratiqué le networking bien avant l’arrivée des réseaux sociaux. En 2000, elle était Déléguée Générale de l’association des Alumni de l’EAP, future ESCP Business School, déjà entièrement dédiée à l’animation de communautés et au développement du réseau… mais sans internet ni outils digitaux : téléphone, courrier et événements en présentiel constituaient l’essentiel de ses canaux.

Pour elle, le réseau était avant tout humain, fondé sur des tranches de vie partagées, une écoute active et une capacité à entretenir des liens dans la durée. Elle n’a jamais attendu les outils pour créer des connexions : de job en job, c’est son réseau personnel et professionnel qui l’a portée.

Early adopter de LinkedIn dès 2004, elle s’est emparée du digital comme d’un levier utile, sans jamais renier l’importance du lien réel. Si les réseaux sociaux facilitent aujourd’hui la mise en relation, Isabelle rappelle que seule la qualité humaine des interactions permet de bâtir de la confiance — condition indispensable à tout business durable.

Sa vision du futur ? Un retour assumé à l’humain, à la profondeur des échanges et à l’intelligence relationnelle, dans un monde où l’IA pourra peut-être accélérer les connexions… mais jamais remplacer la sincérité d’un vrai lien.

Comment rencontriez-vous vos contacts professionnels dans les années 2000 ?

Lors d’événements que j’organisais moi-même dans le cadre de mes fonctions ! A l’époque, je n’étais pas encore entrepreneure. Il ne s’agissait donc pas pour moi de développer un business grâce au réseau. En revanche, en tant que salariée, plus je fédérais d’anciens élèves au sein de l’association et plus le board de l’Association considérait que je faisais bien mon travail…D’autant plus que c’était une époque où il fallait convaincre ces anciens élèves que la fusion avec ESCP était une bonne chose…Ma mission relevait presque du lobbying !

Comment avez-vous vécu l’arrivée des premiers réseaux sociaux professionnels (LinkedIn, Viadeo) ?

Je m’y suis intéressée tout de suite et j’ai testé dès 2004…
Je fais partie des early adopters !
C’était génial de savoir qui connaissait qui d’une part et qui avait fait quoi d’autre part !

Comment voyez-vous évoluer le networking dans les dix prochaines années ?

Isabelle STHEMER | Isabelle STHEMER SAS

Partant du double constat que réseauter ne s'apprend pas à l'école et que dans les réseaux, les adhérents adoptent généralement une posture passive, provoquant à terme leur insatisfaction et leur volonté d'aller voir ailleurs, j'ai créé Le Trait d'Union by Isabelle Sthémer (c) en octobre 2021, un programme collectif  pour apprendre à réseauter en pratiquant avec méthode, naturel, sincérité et efficacité - en 3 ou 6 mois, à raison d'une séance de 2h à l'heure du déjeuner toutes les semaines ou  tous les 15 jours, selon les formules .

Mon ambition à travers ce programme, c'est à la fois  de contribuer à la diffusion de la culture du réseau et d'aider celles et ceux qui en ont besoin, à atteindre leur(s) objectif(s) quels qu'ils soient,  en faisant du réseau un véritable levier de leur quotidien.

J'anime depuis lors la communauté de tou.te.s les apprenant.e.s qui sont passé.e.s par ce programme et qui sont ainsi devenu.e.s de véritables réseauteurs chevronnés !

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Isabelle Sthemer incarne une génération de professionnelles qui ont connu et pratiqué le networking bien avant l’arrivée des réseaux sociaux. En 2000, elle était Déléguée Générale de l’association des Alumni de l’EAP, future ESCP Business School, déjà entièrement dédiée à l’animation de communautés et au développement du réseau… mais sans internet ni outils digitaux : téléphone, courrier et événements en présentiel constituaient l’essentiel de ses canaux.

Pour elle, le réseau était avant tout humain, fondé sur des tranches de vie partagées, une écoute active et une capacité à entretenir des liens dans la durée. Elle n’a jamais attendu les outils pour créer des connexions : de job en job, c’est son réseau personnel et professionnel qui l’a portée.

Early adopter de LinkedIn dès 2004, elle s’est emparée du digital comme d’un levier utile, sans jamais renier l’importance du lien réel. Si les réseaux sociaux facilitent aujourd’hui la mise en relation, Isabelle rappelle que seule la qualité humaine des interactions permet de bâtir de la confiance — condition indispensable à tout business durable.

Sa vision du futur ? Un retour assumé à l’humain, à la profondeur des échanges et à l’intelligence relationnelle, dans un monde où l’IA pourra peut-être accélérer les connexions… mais jamais remplacer la sincérité d’un vrai lien.

Qui étiez-vous en l’an 2000 : votre métier, votre rôle, vos ambitions ?

En 2000, j’étais Déléguée Générale de l’Association des Anciens Elèves de l’EAP, qui s’apprêtait à fusionner avec SupdeCo Paris pour donner naissance un peu plus tard à ESCP Business School. Mon rôle consistait à fédérer la communauté des Alumni de cette école, dont je suis moi-même diplômée, et à l’animer en créant un sentiment fort de fierté d’appartenance, tout en proposant des services utiles à leur insertion professionnelle, ainsi qu’au développement et au maintien des relations de camaraderie nouées durant leur cursus. Tout cela en mode « papier/crayon » puiqu’il n’y avait pas encore d’internet. Donc avec force téléphone, marketing direct et événementiel en présentiel (forcément, il n’y avait pas encore de distanciel…).

Aviez-vous déjà conscience, à l’époque, de l’importance du réseau dans votre carrière ?

Mon métier reposait entièrement sur la notion de réseau déjà à cette époque !
J’avais par ailleurs moi-même expérimenté l’importance du réseau, en passant de mon premier à mon 2ème job grâce à ma famille, du 2ème au 3ème par le biais d’un fournisseur très satisfait rencontré dans le cadre du 2ème, du 3ème au 4ème par le biais du réseau interne, et du 4ème au 5ème par le biais de mon réseau d’Alumni. Si bien que je n’avais cherché de travail qu’une seule fois : la première ! Cela supposait déjà d’être visible, pro-active, volontaire et de savoir exprimer ses ambitions/envies.

Quelle était votre définition du mot “réseau” ou “relationnel” à cette période ?

Le réseau, déjà à cette époque, car çà l’est toujours maintenant, c’était toutes les personnes qui se trouvaient dans mon carnet d’adresses, car j’avais avec elles une tranche de vie en commun, que ce soit aux plans pro ou perso.

Le networking avant les réseaux sociaux

Comment rencontriez-vous vos contacts professionnels dans les années 2000 ?

Lors d’événements que j’organisais moi-même dans le cadre de mes fonctions ! A l’époque, je n’étais pas encore entrepreneure. Il ne s’agissait donc pas pour moi de développer un business grâce au réseau. En revanche, en tant que salariée, plus je fédérais d’anciens élèves au sein de l’association et plus le board de l’Association considérait que je faisais bien mon travail…D’autant plus que c’était une époque où il fallait convaincre ces anciens élèves que la fusion avec ESCP était une bonne chose…Ma mission relevait presque du lobbying !

Quels étaient vos principaux canaux de communication (téléphone fixe, fax, courrier, Minitel, salons, etc.) ?

Téléphone fixe et courriers (campagnes de marketing direct)

Quels souvenirs gardez-vous de vos premières expériences dans les clubs ou cercles d’affaires ?

Je n’étais pas concernée en 2000. par les clubs d’affaires…je ne savais même pas que cela existait. En revanche, je cotoyais certains clubs services (Lion’s, Rotary) et j’évoluais beaucoup dans les réseaux d’Alumni des grandes écoles : c’était mon quotidien ! Et dans ces réseaux, il y avait des groupes professionnels par type de secteur d’activité ou de métier. On y échangeait sur des tendances marché ou métier, on y partageait des informations (notamment sur le marché caché pour aider les camarades qui étaient en mobilité professionnelle) mais on n’y parlait pas business à proprement parler. L’entrepreneuriat n’était pas aussi répandu qu’il a pu l’être à partir de 2010/2011, notamment avec l’apparition du statut d’auto-entrepreneur.
Je n’ai croisé la route des réseaux d’affaires que beaucoup plus tard, dans les années 2014/2015.

Y avait-il une différence forte entre réseauter en France et réseauter à l’international à cette époque ?

La France a toujours été très en retard sur ce point. C’est beaucoup plus tard que les qualités relationnelles ont été appréciées à leur juste valeur. En 2000, on ne considérait pas l’intelligence relationnelle comme une vraie compétence. On était plus attaché aux compétences techniques et aux diplômes…Outre-Atlantique, on apprend à se présenter et à parler en public dès le plus jeune âge, et ce depuis très longtemps. Malheureusement pas chez nous, ce qui fait que le contact est assez peu naturel en fait…

Quelles étaient les qualités essentielles pour développer un réseau dans un monde sans messagerie instantanée ?

Savoir capter l’attention dès le premier instant. Oser prendre le téléphone et affronter le barrage des secrétaires. Savoir rédiger des courriers intéressants du premier au dernier mot, et pouvant déboucher sur une suite…Actualiser son carnet d’adresses pour ne pas perdre de vue ses contacts.

Quels obstacles rencontriez-vous pour élargir votre cercle relationnel, et comment les contourniez-vous ?

Je n’ai jamais rencontré d’obstacles sur ce plan car cela a toujours été très naturel chez moi !

La révolution numérique et sociale

Comment avez-vous vécu l’arrivée des premiers réseaux sociaux professionnels (LinkedIn, Viadeo) ?

Je m’y suis intéressée tout de suite et j’ai testé dès 2004…
Je fais partie des early adopters !
C’était génial de savoir qui connaissait qui d’une part et qui avait fait quoi d’autre part !

En quoi l’iPhone, le tactile et Internet “dans la poche” ont changé votre façon de réseauter ?

On développe évidemment beaucoup plus vite sa visibilité et on y passe sans doute plus de temps qu’avant…et puis on peut s’y adonner partout tout le temps, y compris dans le métro ! Cela ne veut pas dire pour autant que les liens sont plus forts et plus profonds qu’avant !

Quel a été, pour vous, le moment déclic où vous avez compris que tout basculait vers le digital ?

Non tout ne bascule pas vers le digital ! Je m’inscris en faux contre cette perception des choses !
Pour moi le digital est et reste un outil au service de l’humain !

Quels avantages avez-vous trouvés dans la messagerie instantanée pour le networking ?

Une plus grande facilité pour gérer et animer des communautés.

Et inversement, quelles limites ou dérives avez-vous constatées ?

On est connectés avec des gens que l’on ne connait pas et l’on a tendance à faire de la quantité…alors que réseauter nécessite d’investir dans la qualité relationnelle !

Avez-vous le souvenir d’un contact ou d’une opportunité marquante grâce à ces nouveaux outils ?

Cela m’est arrivé à plusieurs reprises de trouver des clients ou des partenaires juste par le biais d’une conversation LinkedIn initiée par une relation commune.

Vision d’avenir

Si vous comparez toutes ces étapes – du Minitel aux réseaux sociaux – laquelle a eu le plus grand impact sur vos relations professionnelles ?

Je n’ai jamais cessé de m’intéresser aux gens, d’être à leur écoute et de leur proposer de les aider, avec ou sans outils. Pour moi, cet état d’esprit-là, c’ est LA plus important, avec ou sans outils. Les outils facilitent la mise en oeuvre, le déploiement, la réactivité dans certaines situations etc…mais si la pureté de l’intention n’est pas au rendez-vous, l’illusion ne dure pas très longtemps !

Aujourd’hui, comment combinez-vous le digital et le présentiel dans votre networking ?

Je n’y fais même plus attention tellement les 2 sont imbriqués !

Comment voyez-vous évoluer le networking dans les dix prochaines années ?

Je crois sincèrement que le networking in real life a de très beaux jours devant lui. Car plus les process pourront être automatisés, plus les gens s’y adapteront , et plus ce qui fera vraiment la différence entre eux, c’est la qualité des interactions relationnelles.

Selon vous, quelle place l’intelligence artificielle peut-elle prendre dans le networking, sans dénaturer la relation humaine ?

Elle facilitera les mises en relation affinitaires, incontestablement, décuplant ainsi a priori les chances de matching. Mais la confiance reste et demeure une qualité humaine …et pour ce qui est du networking; la question est bien de construire de la confiance dans la durée pour passer à autre chose, comme par exemple, du business !

Isabelle STHEMER | Isabelle STHEMER SAS

Partant du double constat que réseauter ne s'apprend pas à l'école et que dans les réseaux, les adhérents adoptent généralement une posture passive, provoquant à terme leur insatisfaction et leur volonté d'aller voir ailleurs, j'ai créé Le Trait d'Union by Isabelle Sthémer (c) en octobre 2021, un programme collectif  pour apprendre à réseauter en pratiquant avec méthode, naturel, sincérité et efficacité - en 3 ou 6 mois, à raison d'une séance de 2h à l'heure du déjeuner toutes les semaines ou  tous les 15 jours, selon les formules .

Mon ambition à travers ce programme, c'est à la fois  de contribuer à la diffusion de la culture du réseau et d'aider celles et ceux qui en ont besoin, à atteindre leur(s) objectif(s) quels qu'ils soient,  en faisant du réseau un véritable levier de leur quotidien.

J'anime depuis lors la communauté de tou.te.s les apprenant.e.s qui sont passé.e.s par ce programme et qui sont ainsi devenu.e.s de véritables réseauteurs chevronnés !

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