Biba Pedron, incarne à elle seule la naissance d’un networking structuré, bien avant que les réseaux sociaux ne s’imposent comme évidence.
En 2000, elle est en France, responsable des ventes dans une société de fournitures de bureau. Mais déjà, son réseau lui ouvre des portes, lui permettant de trouver ses opportunités professionnelles. Trois ans plus tard, elle réalise son rêve : s’installer à New York. Là-bas, elle découvre le concept du networking… et décide aussitôt d’en faire son métier. En 2003, elle crée sa propre société d’organisation de soirées pour entrepreneurs américains. Son talent naturel pour mettre les gens en relation lui vaut très vite un surnom : « The Connection Queen ».
De retour en France, elle duplique son concept entre 2006 et 2008, à une époque où le networking restait encore embryonnaire dans l’Hexagone. Pour elle, la clé d’un réseau solide n’a jamais changé : le suivi et la constance. Comme elle aime à le rappeler, 80 % des ventes se concrétisent après une douzaine d’interactions — bien plus que ce que la plupart des gens sont prêts à maintenir.
Précurseure, elle saisit très tôt la puissance du digital : premiers sites web, forums, LinkedIn et Facebook dès leur lancement. Elle développe des programmes de formation au networking offline et online, et bâtit une activité de coaching internationale depuis les États-Unis, sans avoir à revenir en France jusqu’en 2016.
Sa vision ? Un équilibre assumé entre digital et présentiel. Les réseaux sociaux permettent de démultiplier les contacts, mais seule la rencontre réelle ancre la confiance et accélère les décisions. Dans un monde où l’IA va transformer les usages, elle reste convaincue que la valeur humaine du lien, elle, ne disparaîtra jamais.
Comment rencontriez-vous vos contacts professionnels dans les années 2000 ?
Avant 2003 et mon arrivée aux US, je ne connaissais pas le concept du networking, car cela n’existait pas en France.
Comment avez-vous vécu l’arrivée des premiers réseaux sociaux professionnels (LinkedIn, Viadeo) ?
Je suis sur Facebook et LinkedIn depuis leur création, mais avant cela à New York on avait le forum, Bernardo’s list, qui fonctionnait très bien et organisait des soirées. Il y avait déjà pas mal de forums sur des thématiques particulières.
Depuis le début de Facebook, j’ai toujours passé 15 minutes par jour pour la promotion de mon business, et comme de plus en plus de personnes me voyaient et me demandaient comment je faisais pour avoir une telle visibilité, le tout premier programme en anglais que j’ai sorti était justement sur le networking online et offline. Un classeur de 94 pages et 9 CD. Il n’y avait pas encore les versions digitales.
Comment voyez-vous évoluer le networking dans les dix prochaines années ?
…
Connectez-vous avec la communauté des femmes entrepreneures francophones pour développer votre business plus vite
Impacter au féminin
Boostez votre business et votre impact en écrivant un livre à votre image
IAF Publishing
M’inscrire pour afficher tout le contenu et lire les autres interviews
Lire d'autres interviews
- Canevet Frederic
- Dan André
- Luisetti Olivier
- STHEMER Isabelle
- Vanopdenbosch Jérémie
Biba Pedron, incarne à elle seule la naissance d’un networking structuré, bien avant que les réseaux sociaux ne s’imposent comme évidence.
En 2000, elle est en France, responsable des ventes dans une société de fournitures de bureau. Mais déjà, son réseau lui ouvre des portes, lui permettant de trouver ses opportunités professionnelles. Trois ans plus tard, elle réalise son rêve : s’installer à New York. Là-bas, elle découvre le concept du networking… et décide aussitôt d’en faire son métier. En 2003, elle crée sa propre société d’organisation de soirées pour entrepreneurs américains. Son talent naturel pour mettre les gens en relation lui vaut très vite un surnom : « The Connection Queen ».
De retour en France, elle duplique son concept entre 2006 et 2008, à une époque où le networking restait encore embryonnaire dans l’Hexagone. Pour elle, la clé d’un réseau solide n’a jamais changé : le suivi et la constance. Comme elle aime à le rappeler, 80 % des ventes se concrétisent après une douzaine d’interactions — bien plus que ce que la plupart des gens sont prêts à maintenir.
Précurseure, elle saisit très tôt la puissance du digital : premiers sites web, forums, LinkedIn et Facebook dès leur lancement. Elle développe des programmes de formation au networking offline et online, et bâtit une activité de coaching internationale depuis les États-Unis, sans avoir à revenir en France jusqu’en 2016.
Sa vision ? Un équilibre assumé entre digital et présentiel. Les réseaux sociaux permettent de démultiplier les contacts, mais seule la rencontre réelle ancre la confiance et accélère les décisions. Dans un monde où l’IA va transformer les usages, elle reste convaincue que la valeur humaine du lien, elle, ne disparaîtra jamais.
Qui étiez-vous en l’an 2000 : votre métier, votre rôle, vos ambitions ?
En 2000 j’étais en France, responsable des ventes dans une société de fourniture de bureau.
Mon rêve depuis toute petite était de partir vivre à New York, ce que j’ai réalisé en 2003.
Aviez-vous déjà conscience, à l’époque, de l’importance du réseau dans votre carrière ?
Oui, car c’est souvent grâce à mon réseau que je trouvais mes jobs à l’époque
Quelle était votre définition du mot “réseau” ou “relationnel” à cette période ?
À l’époque on ne parlait pas de réseaux comme on parle aujourd’hui, mais le concept du relationnel existe depuis la nuit des temps. Je ne sais pas si j’avais une définition, mais déjà à l’époque je mettais les gens en relation. Et ce n’est peut-être pas par hasard qu’en 2003 à mon arrivée à New York, j’ai lancé une société pour organiser des networking pour entrepreneurs américains et que les clients m’ont surnommée « The Connection Queen » et que j’ai dupliqué mon concept en France de 2006 à 2008.
Le networking avant les réseaux sociaux
Comment rencontriez-vous vos contacts professionnels dans les années 2000 ?
Avant 2003 et mon arrivée aux US, je ne connaissais pas le concept du networking, car cela n’existait pas en France.
Quels étaient vos principaux canaux de communication (téléphone fixe, fax, courrier, Minitel, salons, etc.) ?
J’ai créé ma première société en France en 1998, en commençant par du télémarketing, donc j’utilisais le téléphone pour prospecter pour mes clients et pour ma promotion, les mailings par courrier et les fax.
Quels souvenirs gardez-vous de vos premières expériences dans les clubs ou cercles d’affaires ?
Mes premières expériences de club d’affaires ont été à New York lors de mon premier séjour de prospection pour savoir comment m’y installer définitivement. Je me souviens du tout premier auquel j’ai participé, je suis rentrée dans un bar avec 100 personnes et un brouhaha pas possible, j’ai pris mon badge, fait le tour et je suis sortie en courant.
1 – car je ne parlais quasiment pas anglais à l’époque et ne voyais pas comment je pourrais comprendre avec tout ce bruit.
2 – je suis sortie en me disant ils sont étranges ces Américains, comment peut faire du business dans un tel bruit.
Je ne savais pas encore que 3 ans plus tard je créerais ma société de networking :)
Y avait-il une différence forte entre réseauter en France et réseauter à l’international à cette époque ?
Oui, car quasi inexistant en France – d’ailleurs lorsque j’ai monté ma société à New York en 2003, quand des Français venaient ce n’était pas pour le networking, car comme ils disaient souvent, « cela va trop vite, les Américains sont trop direct ». Et le concept du « business is business » les dépassait beaucoup. Mais ils venaient pour me demander comment j’avais réussi a créé ma société aux US et pour me demander des infos. De là j’ai lancé un cabinet de consulting en 2004, pour aider les Français à s’installer aux US.
Lorsque j’ai commencé à dupliquer mes networking en France en 2006, nous n’étions que 3 à faire des soirées networking les 2 autres étaient des hommes, dont André Dan , si je suis The Connection Queen, il est sans aucun doute The Connection King, toujours à ce jour. Mais les gens venaient plus pour prendre un verre que pour faire du business.
Quelles étaient les qualités essentielles pour développer un réseau dans un monde sans messagerie instantanée ?
Le suivi a toujours été la qualité essentielle pour développer un réseau avec ou sans messagerie. Les statistiques le montrent bien : 80% des ventes se font après 12 interactions après la rencontre, que cela soit par se voir en personne, échanger au téléphone et maintenant en visio ou par email et maintenant les réseaux sociaux.
Seulement peu de personnes ont cette constance de faire un suivi sur le long terme, plus de 40% arrêtent à 2 ou 3 maxi.
Comme me l’a indiqué Ivan Misner, fondateur de BNI, lorsque je l’ai interviewé en 2014, pour la sortie de mon livre « Stop Pitching and Start Networking » : les personnes qui ont les meilleurs résultats avec BNI sont celles qui restent minimum 3 ans. La première année on fait connaissance, la seconde, on se fait confiance et la troisième, c’est là que tout commence à speeder. Même si bien sûr, on a des contacts et des recommandations entre temps.
Quels obstacles rencontriez-vous pour élargir votre cercle relationnel, et comment les contourniez-vous ?
Je n’ai pas d’obstacle en particulier, si ce n’est qu’aujourd’hui on a de plus en plus de distraction via internet et que la constance est plus complexe à garder. Raison pour laquelle il faut avoir des systèmes pour automatiser au maximum, afin de poursuivre la régularité dans nos échanges. Il y a aussi de nombreux clubs d’affaires comparées aux années 2000, et les gens ont tendance à papillonner et ne pas prendre le temps de bien connaître les autres en espérant qu’on leur donne des recommandations aux premières rencontres.
La révolution numérique et sociale
Comment avez-vous vécu l’arrivée des premiers réseaux sociaux professionnels (LinkedIn, Viadeo) ?
Je suis sur Facebook et LinkedIn depuis leur création, mais avant cela à New York on avait le forum, Bernardo’s list, qui fonctionnait très bien et organisait des soirées. Il y avait déjà pas mal de forums sur des thématiques particulières.
Depuis le début de Facebook, j’ai toujours passé 15 minutes par jour pour la promotion de mon business, et comme de plus en plus de personnes me voyaient et me demandaient comment je faisais pour avoir une telle visibilité, le tout premier programme en anglais que j’ai sorti était justement sur le networking online et offline. Un classeur de 94 pages et 9 CD. Il n’y avait pas encore les versions digitales.
En quoi l’iPhone, le tactile et Internet “dans la poche” ont changé votre façon de réseauter ?
J’ai acheté mon premier téléphone portable en 1998 lorsque j’ai monté ma société en France. Et déjà même sans l’internet sur le téléphone, cela permettait de contacter les gens plus facilement. Pas besoin d’être à la maison ou au bureau. Puis l’arrivée d’internet m’a permis de créer mon premier site internet, avec Frontpage, c’est un peu l’âge de pierre. Et même si la visibilité de l’époque ne ressemble pas à celle d’aujourd’hui, cela permettait plus facilement de montrer ses services, même à des personnes qui n’étaient pas locales. En tant que télésecrétaire et en commençant mes aller et retour aux US en 2000, cela me permettrait de montrer à mes clients en France comment je pouvais continuer à prospecter pour eux, mais en étant à des milliers de kilomètres et avoir tout sur le site, les rassurer.
Cela n’a pas changé ma façon de réseauter, mais cela a permis de réseauter plus vite.
Quel a été, pour vous, le moment déclic où vous avez compris que tout basculait vers le digital ?
Lorsque j’ai fait mon second programme, plus besoin de classeur ni de CD, car je pouvais tout fournir en ligne, donc moins de frais, et la possibilité de créer encore plus de programmes plus facilement.
Et aussi lorsque l’on est passé des teleclasses où tout le monde était au téléphone en ligne sur un même numéro au passage au webinaire ou l’on pouvait se voir. Et aussi la sortie de Skype, qui pour moi vivant à New York et ayant la moitié de mes clients en France était plus sympa et la facilité d’avoir la confiance des gens, car il savait qu’il y avait une vraie personne en face et pas juste un site ou une photo en ligne.
Quels avantages avez-vous trouvés dans la messagerie instantanée pour le networking ?
La messagerie instantanée pour le networking m’a permis de gagner du temps en automatisant un maximum
Et inversement, quelles limites ou dérives avez-vous constatées ?
La dérive c’est que maintenant les gens l’utilisent beaucoup pour spammer et ne cherchent pas à connaître les autres avant de leur envoyer des offres ou des promos, sans même savoir si les gens sont concernés.
Comme le nombre de personnes qui me contactent pour m’apprendre à écrire un livre, alors que s’ils prenaient le temps de regarder ce que je fais, elles verraient que j’en ai publié 10 et donc je ne suis pas leur cible.
Le problème est que ceux qui ne savaient pas prospecter avant ne le savent pas plus maintenant, mais spam plus de personnes.
Avez-vous le souvenir d’un contact ou d’une opportunité marquante grâce à ces nouveaux outils ?
En revanche ceux qui utilisent la bonne approche pour contacter des personnes qui sont soit leur cible, soit des partenaires potentiels, leur permet de beaux échanges et collaborations.
Comme mon contact avec Ivan Misner qui n’avait recontacté le lendemain pour me dire ok pour l’interview en 2014, ainsi que Bob Burg aussi spécialiste du networking et auteur de nombreux livres sur le sujet.
Ou en 2016, mon contact avec Sharon Lecther qui a co-écrit 17 livres avec Robert Kosyaki et écrit « Think and Grow Rich for Women » pour la fondation Napoléon Hill, que j’ai interviewés à Orlando, qui m’ont permis de faire des rencontres incroyables avec des personnes qui aiment le partage et aider les autres à se développer.
Vision d’avenir
Si vous comparez toutes ces étapes – du Minitel aux réseaux sociaux – laquelle a eu le plus grand impact sur vos relations professionnelles ?
Internet et les réseaux sociaux, car cela permet de 10X ses contacts et échanges et donc développer son business plus vite.
Perso, Facebook m’a permis de développer mon business de coaching en France à partir de 2011, tout en étant aux US sans jamais venir en France jusqu’en 2016, grâce à la visibilité, et aussi parce qu’il y avait moins de concurrence à l’époque et que les femmes francophones n’osaient pas encore se montrer.
Aujourd’hui, comment combinez-vous le digital et le présentiel dans votre networking ?
Depuis 20216 justement mon 1er séjour en France en tant que coach, je fais en sorte de faire 1 ou 2 interventions en présentiel minimum lors de mes passages.
Je recommande à mes clientes de faire minimum une intervention en présentiel par mois et autant que possible en visio, car le présentiel est un booster, car les gens prennent plus vite leur décision pour travailler avec nous. Alors que sur le net il faut plus d’interactions.
Comment voyez-vous évoluer le networking dans les dix prochaines années ?
Il y a déjà de nombreux groupe de networking et club d’affaires, peut être de trop et les gens ne savent plus où aller. Donc cela permet moins de vraiment se connaître, mais les entrepreneurs auront toujours besoin de nouveaux contacts, prospects et clients donc cela va continuer de se développer. Et le Covid a déjà bien changé les choses, car le nombre de groupes en ligne, de conférences, challenges et autres ont explosé.
Mais on y trouve de tout, the good, the bad and the ugly – ce qui a aussi développé le manque de confiance pour certaines personnes ayant été trompées sur la valeur des formations et services – et donc le manque de suivi du networking qui va avec.
Selon vous, quelle place l’intelligence artificielle peut-elle prendre dans le networking, sans dénaturer la relation humaine ?
J’ai justement un projet de livre avec un américain sur le networking et l’IA. Il a déjà publié plusieurs livres sur le networking. Je pense que si l’on sait l’utiliser correctement cela peut aider même si cela retire un peu la relation humaine. Mais tout évolue de toute façon aujourd’hui et l’on va devoir s’en accommoder. Comme les voitures sans chauffeur. Cela nous paraissait impossible et cela se met de plus en plus en place et les gens commencent à les utiliser sans problème. J’ai vu un parking avec plus de 100 voitures sans chauffeur à Phoenix – impressionnant, mais aussi un peu effrayant en même temps.
Tout avance si vite comme les nouvelles lunettes meta qui viennent de sortir que nous allons devoir suivre.
Connectez-vous avec la communauté des femmes entrepreneures francophones pour développer votre business plus vite
Impacter au féminin
Boostez votre business et votre impact en écrivant un livre à votre image
IAF Publishing
Lire d'autres interviews
- Canevet Frederic
- Dan André
- Luisetti Olivier
- STHEMER Isabelle
- Vanopdenbosch Jérémie